Des mères qui veulent ressembler à leurs filles

de | 22 janvier 2014

Nous avons beau vivre dans des sociétés de plus en plus déprises des traditions, nous nous étonnons encore de certains faits. Par exemple de voir ces mères complices de leurs filles qui s’habillent comme elles, se comportent comme elles et qui en définitive sont plus amies que mère et fille.

Ce « jeunisme » familial sévit d’une drôle de manière en Corée du Sud. Là-bas, des mères se sont mises en tête de réaliser les mêmes interventions que leurs filles. Pourquoi ? Eh bien contrairement à ce que l’on pourrait penser au départ, ce n’est pas par mimétisme puéril mais pour éviter que l’intervention réalisée par la fille soit décelée.

chirurgie esthetique mere fille coree

Avez-vous compris ? C’est une sorte de sacrifice. La mère fait elle aussi une blépharoplastie, une rhinoplastie ou un agrandissement de l’orbite oculaire pour donner le sentiment que la beauté de la fille est en quelque sorte d’origine, naturelle, la mère jouant donc le rôle de preuve.

Cette authentification en « chair et en os » est rendue nécessaire en Corée du Sud car à l’inverse de la chirurgie esthétique en Tunisie, on y réalise des interventions à but purement pratique. Il s’agit, en effet, le plus souvent de modifier son visage pour le rapprocher des canons de beauté qui garantissent que la jeune femme sera repérée par un jeune homme, acceptée par sa belle famille et donc prête à marier.

Tous les coréens ne sont pas dupes

Mais attention, il ne faut pas croire que toute la société coréenne se prête au jeu dans un délire social bien entendu. L’accroissement du nombre de consultations combinées mère-fille a attiré l’attention du web coréen, et les réseaux sociaux s’amusent du phénomène.

Ce qui est plutôt bon signe. Car même si la société coréenne adore la chirurgie plastique en vertu d’une grosse concurrence entre les individus, ces résistances critiques venues du net, tout comme le fameux Gangnam style de Psy qui évoquait l’inanité de ce goût des apparences de la middle classe coréenne ou à certains égard que le pays soit aussi un importateur de services de santé et donc pas seulement dans un rapport entropique avec cette médecine -toutes ces résistances ou ces prises de recul laissent à penser que la société coréenne n’est pas totalement obnubilée et à d’autres choses à nous offrir et à offrir à ses enfants.

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