L’exportation de services de santé : Un progrès tortueux

de | 10 janvier 2014

Le tourisme de santé est une idée neuve en Tunisie. On peut penser que c’est à partir de la fin des années 90, que s’est mise en place à la fois une réflexion globale et une démarche concrète d’accueil raisonné.

Mais concrètement à la plupart des articles que vous pourrez lire sur le sujet, qui évoquent un progrès considérable par mimétisme et vide de réflexion, ce secteur et en particulier son moteur interne, la chirurgie esthétique, n’a pas une histoire rectiligne de développement exponentiel.

A l’origine, il y a un bouche à oreille qui vient des premiers patients européens. Leur parole est investie par les médias et se met en place une véritable « bulle médiatique » comme on parle de bulle financière, traduisant par la un effet de focalisation et surinvestissement d’attention qui ne correspond pas à une réalité.

La création de ce phénomène a masqué la relative faiblesse du nombre de patients concernés et d’autre part à permis l’ouverture d’un débat qui ne s’est plus refermé depuis sur la prétendue dangerosité de la chirurgie en Tunisie, question sous tendant une ensemble de questions secondaires autour de la qualification du praticien, des normes appliquées dans les cliniques et surtout de la problématique du suivi post-opératoire.

Débat dans lequel la critique institutionnelle française a fait son lit , publiant billet sur billet parce qu’elle même trompée dans sa croyance que le mouvement d’émigration des patients français vers la Tunisie était puissant.

Non, il faut rester raisonnable et dire que le tourisme de santé pour des interventions de chirurgie esthétique est encore globalement une niche en émergence qui ne pourra devenir un pôle fort de l’exportation des services médicaux qu’à la condition de renverser le déficit de confiance qui continuer encore à la grever.

A cet égard, la réelle avancée d’une vraie garantie de suivi post-opératoire proposée par une clinique de la place est un grand pas en avant. La modération des médias étrangers et surtout une plus grande humilité des gens qui en parlent en Tunisie seraient de bon aloi.

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