Stromae, icone favorable

de | 21 janvier 2014

Il va rafler beaucoup de prix aux prochaines Victoires de la Musique. Il est en tête des ventes de titres et d’albums, Stromae, sa musique en tous les cas, va bien.

On mesure l’épaisseur de notoriété, de charisme et de talent de quelqu’un au fait qu’on a le sentiment qu’il a toujours existé comme une icône. On imagine pas Johnny Hallyday petit, on a presque pas envie de savoir quels petits boulots ont fait les chanteurs que nous aimons avant qu’on les aime.

Et pourtant tout cela a été construit. La silhouette filiforme, fragile, inédite de Stromae, elle n’était exceptionnelle ou artistique que pour ses amis quand il n’était pas connu. Le talent, c’est de l’imposer et d’en faire une image.

De jouer avec, d’en jouer, de la manipuler et c’est presque nouveau car rappelez-vous que ces dernières années la métamorphose perpétuelle du look était l’apanage des femmes.

En inventant son personnage en short, ce mannequin insensible inhabité par son rôle de papa ou en mimant l’ivresse dans Formidable, Stromae a su habiller sa musique d’une iconographie et d’une présence physique qui nous parait maintenant consubstantielle, de la même manière qu’on s’habitue au visage refait par la chirurgie d’une connaissance après quelque semaines, et que ce nouvel être devient l’être nécessaire de la personne.

Ce que vous devez vous demander, c’est comment fait-on tout ça ? Quel travail, quelle méthode font qu’au talent , à l’intuition s’ajoute tout à coup un monde cohérent qui est d’autant plus fascinant et réussi qu’il s’agit d’une création.

La réflexion, le casse-tête, le partage d’idée et surtout l’envie de ne pas se reposer sur ses lauriers sont les seuls moyens de mettre à jour ce monde artistique qui crée l’aura de l’artiste.

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